Urbanisation et habitat (2)

Un contexte économique et social à l’origine de l’évolution qualitative de la demande

  • Les ressources de plus de la moitié des ménages sont inférieures aux plafonds HLM.
  • Depuis les années 2000, les prix ont augmenté de 40% dans l’immobilier alors que les salaires ont stagné.
  • La capacité d’accès à la propriété se réduit : montant moyen disponible pour l’accession = 150.000€ et prix moyen d’achat = 210 à 220.000€.
  • La capacité d’achat réduit aussi la surface accessible : moyenne des biens achetés en 2004 = 50,7m2, soit 18m2 de moins qu’en 2000.

La situation actuelle

D’un secteur à l’autre, les ménages n’ont pas le même niveau de “choix“ : Dans de nombreuses communes proches des villes ou bourgs, le seul choix est l’achat d’une maison, dans la Ville Nouvelle le seul choix était d’être locataire du parc, dans les villes historiques au contraire les trois secteurs (accession, locatif privé et locatif public) sont mieux représentés.
Au cours des dernières années, suite aux prises de conscience des conséquences de déséquilibres flagrants, les politiques du logement se sont orientées vers un certain rééquilibrage :

  • programme en accession ou en promotion dans la Ville Nouvelle, à Bourgoin-Jallieu, La Tour du Pin, Les Abrets ;
  • opérations de locatifs publics dans les bourgs et villages.
    Cette absence de choix a plusieurs conséquences : elle limite la diversité sociale, elle pénalise une partie de la population locale qui souhaiterait rester dans sa commune : les jeunes, mais aussi des ménages aux ressources modestes (60% des actifs sont ouvriers ou employés) et à l’avenir sans doute de plus en plus de retraités.

Une diminution globale de l’offre locative publique avec l’accélération de l’accession et de la promotion privée.

La maison individuelle s’est imposée mais sans lien ni avec le patrimoine, ni avec les formes urbaines locales, avec comme conséquence une banalisation du paysage et une consommation importante d’espace. La construction a souvent devancé la mise à disposition d’équipements par les communes qui se retrouvent parfois dans des situations difficiles pour répondre à la demande.

Lotissement

Les grandes questions

Accepter ou nier une fonction résidentielle

- Le Nord-Isère s’inscrit dans la dynamique démographique de l’aire métropolitaine lyonnaise mais aussi dans celle de Rhône-Alpes. Il peut jouer un rôle entre trois villes qui connaissent aujourd’hui une nouvelle croissance (un rôle à définir).

- La dynamique démographique du Nord-Isère (dynamique interne et attractivité) génère (et générera) une demande en logement à la fois soutenue et variée (ce qui suppose des réponses différenciées).

Faire face aux demandes / offrir plus de choix

- La réponse a été largement portée par la maison individuelle depuis 25 ans. Mais aujourd’hui la maison individuelle ne répond ni à toutes les attentes des ménages, ni à leurs capacités financières, ni encore au souci de ne pas “dilapider“ le patrimoine foncier ou de valoriser le patrimoine local. La diversification passe par la recherche de nouveaux “modèles“, une meilleure intégration dans le paysage, le souci d’une qualité urbaine et architecturale.

- Le “choix possible“ du mode d’habitat n’est pas identique sur l’ensemble du territoire en raison de modes de production de l’habitat dominant (accession logement individuel, collectif en location). Cette situation “oppose“ pôles urbains et campagnes et aboutit à des formes de ségrégation sociale ou démographique.

- Les évolutions dissociées du coût de l’immobilier (l’explosion) et des ressources des ménages (la stagnation) risquent de pénaliser de plus en plus de ménages. La programmation de logement devra mieux intégrer ces dimensions sociales et économiques (typologie et équipements des logements).

Structurer le développement urbain

- La dispersion de l’habitat ne facilite pas la mise en place de services adaptés à la population. Les choix de localisation de l’habitat devront à l’avenir être d’avantage en lien avec les équipements et les pôles urbains.

- La relation habitat-déplacement est aujourd’hui plus importante que la relation habitat-emploi ; les développements de l’habitat pourront être pensés en priorité dans la perspective d’une meilleure accessibilité aux transports en commun.

- La notion de cadre de vie est primordiale (quel que soit le type de commune et le mode d’habiter) : l’intégration et la qualité architecturale des constructions sont des éléments de ce cadre de vie.

- On ne peut plus agir à l’échelle de la commune seulement. La réflexion intercommunale s’impose. Une organisation collective peut permettre de se doter d’outils pour maîtriser les évolutions et offrir diversité sociale et démographique.

En Bref
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